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Bellevue-CDI

Bellevue-CDI

Un blog pour les élèves du collège Bellevue à Toulouse : critiques de livres, actualité littéraire, animations diverses Dossier Histoire des arts 3e

Publié le par prof-doc
Publié dans : #HISTOIRE DES ARTS 3E

 

 

Massacre en Corée.

massacre-en-Coree.jpg

 


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Lien avec un diaporama.

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Massacre en Corée est un tableau de Picasso peint en 1951, dans le style expressionniste. Le tableau est conservé au Musée Picasso de Paris. [fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_en_Corée]

Présentation de l'œuvre

Réalisé sur contreplaqué, cette œuvre de dimension de 110x120cm est une peinture à l'huile.

C’est une reprise du « Tres de Mayo » de Goya  qui représentait les troupes napoléoniennes fusillant des civils espagnols insurgés contre l’occupation française à Madrid en 1808.

 

Dans les années 1950, Picasso prend du recul sur le « rêve » communiste d’après-guerre, pourtant par cette œuvre engagée, il rejoint la propagande pacifiste, tout en servant celle des maoïstes, qui voient en la guerre de Corée, un élément de l’impérialisme américain.

 

Analyse du tableau

L’expressionnisme dans ce tableau se traduit par l’impression de désolation qui en émane.

1) les couleurs

 à des dégradés de gris et noir pour les êtres (comme dans Guernica),  de vert et bistre pour le paysage dévasté. (évocation du drame d’Hiroshima ?).

2) La composition

à 2 plans :

  • devant : la scène de massacre / à l’arrière : le paysage en ruines.
  •  À gauche, les victimes / à droite les bourreaux (même composition que Goya)      

 Le thème du fleuve, rappelle la frontière arbitraire du 38° parallèle et sépare aussi les civils (victimes),  des soldats (bourreaux)

 Le contraste entre nudité (désarmement, victimes inoffensives) et armement puissant symbolisé ici par les reflets métalliques des casques militaires et l’armement futuriste qui désincarne les combattants, réduits à la fonction d’exécutants et ici d’exécuteurs des basses œuvres (= bourreaux).

Le contraste aussi entre les formes aiguës des corps partiellement cuirassés et les armes futuristes (vogue des films de science-fiction destinés à dépeindre un avenir effrayant) et les formes arrondies des sacrifiées. (ventre des mères, enfants potelés)

3) La signification

La peur est graduée chez les civils :

  • Au 1er plan à gauche, 3 mères au visage déformé par l’angoisse et le désespoir de ne pouvoir sauver leurs enfants (vivants et à naître)évoquent Guernica  et 2 enfants effrayés, un aux bras de sa mère, l’autre se dissimulant vainement derrière le dos de sa mère.
  • Sur un plan intermédiaire se situent 3 autres enfants, 2 qui ne semblent pas mesurer le désastre et qui jouent, enfin une très jeune fille (qui dissimule dans un geste pudique un corps de femme à peine formé) semble absente de la situation, à laquelle elle n’est reliée que par la main de sa mère.

Les « soldats automates » ou le thème de la responsabilité

Ces soldats, qui semblent sortis d’une science-fiction démontrent la disproportion des techniques de mort imaginées par le cerveau humain en face de la simple chair.

La sophistication de l’armement semble ici dénoncée et représente une métaphore de la « course aux armements ». Les cuirasses et casques symbolisent l’aveuglement de l’obéissance aux ordres. Le soldat est « robotisé ». Le chef du peloton peut également représenter la soumission de l’armée au pouvoir politique, donc à l’idéologie de l’endiguement. (doctrine Truman). Ce chef du peloton, le corps tendu vers la droite et le visage tourné à gauche symbolise–t-il l’hésitation du cas de conscience ou le refus d’assumer sa responsabilité ?

   

Conclusion

Ce tableau peut être analysé à plusieurs niveaux.

On peut y déceler l’engagement pacifiste de Picasso, qui à travers la guerre de Corée dénonce toutes les guerres.

On peut y discerner la dénonciation des crimes de guerre commis à l’encontre des civils, qui sont autant de crimes contre l’humanité commis au nom d’une idéologie, qui balaye l’espoir de renaissance d’un peuple, en assassinant les enfants et les femmes porteuses de la vie, qui constituent son avenir.

 

Mme Clouet, professeur arts plastiques.

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